Sept cas y ont été notifiés depuis le 4 octobre 2018.

Le choléra continue de faire des morts au Cameroun. Cette fois ci, c’est dans la région de l’Extrême-Nord que l’on compte de nouvelles victimes de cette épidémie. Précisément dans le village Rouroundé, à 5km de Fotokol. L’on y a notifié 7 cas de choléra les 5 et 6 octobre 2018, et enregistré deux décès communautaires le 4 octobre. Cette région « à haut risque » entre ainsi elle aussi dans la danse de cette épidémie qui sévit au pays depuis mai 2018, et vient y rejoindre les régions du Littoral et Nord. « C’était évident. Le problème c’est qu’on ne nous écoute pas. La gestion et prévention de cette épidémie ne relève pas uniquement du ministère de la Santé», lâche notre source. Cependant, les autorités sanitaires de la région se veulent mesurées. « Nous attendons encore la confirmation de ces cas par le laboratoire. Vous savez le Cameroun a été déclaré en épidémie. Il ne faut pas faire peur aux populations », exhorte le Dr Fanne Mahamat, délégué régionale de la Santé pour l’Extrême-Nord. D’ores et déjà, des activités de prise en charge des cas, de sensibilisation et WASH sont en cours au District de Santé de Fotokol. « MSF est venu désinfecter les lieux d’habitation en question et pour le moment, tout est sous contrôle », affirme Mamoudou, Sous-Préfet de Fotokol.

La Direction de lutte contre la maladie, les Epidémies et Pandémies elle, se félicite de ce que « Nous bénéficions de l’accompagnement de nos partenaires et du Sous-Préfet de Fotokol qui a tenu une réunion au niveau local ». Dans la région du Nord où l’on a enregistré jusqu’ici le plus grand nombre de cas, le rapport épidémiologique du 05 octobre 2018, rendu publique le 10 fait état d’une accalmie. Les derniers cas suspects y ont été notifié le 28 septembre. Soit 38, dans les Districts de Santé de Garoua I, Garoua II, Guider, Mayo-Oulo et Pitoa. La région enregistre toujours 30 morts, pour neuf districts de Santé sur 15 en épidémie et un taux de létalité de 8,5%. Au 03 octobre, le DS de Pitoa enregistrait cinq hospitalisations et celui de Mayo-Oulo une, pour un total de six hospitalisations.

Toujours dans cette région, 319 cas ont été guéris sur les 385. Le Minsanté a procédé au déploiement d’une nouvelle équipe de quatre épidémiologistes et d’experts en appui à la région. Les opérations de désinfection et sensibilisation dans les ménages des cas suspects et ménages voisin sur un rayon de 200 mètres ont eu lieu. Et notre source de se satisfaire que « Ça aurait déjà pu s’enflammer si le Minsanté n’intervenait pas ». Pour elle, « La gestion de l’épidémie est du ressort de plusieurs administrations. Si on ne s’accorde pas tous, on aura toujours les problèmes pour circonscrire cette situation ». Entre temps, 432 cas ont été notifiés au total et la difficulté majeure reste la non notification systématique et quotidienne des données par certains DS.