Une aide-soignante « bénévole » a confondu le médicament et a injecté de l’alcool par intra-veineuse, à un bébé de huit mois qui en est malheureusement décédé.

Un autre scandale sanitaire secoue l’hôpital régional de Garoua, dans la région du Nord. Une erreur médicale commise par une aide-soignante « bénévole », a conduit au décès d’un bébé de 8 mois de sexe féminin. L’incident est survenu dans la soirée du vendredi 10 mai 2019. L’aide-soignante a confondu le médicament qu’elle devait administrer au bébé malade internée au service de pédiatrie. « En lieu et place du métronidazole qu’elle devait lui injecter par intra-veineuse, elle a plutôt utilisé de l’alcool », précise une source médicale.

A la source du drame

C’est que, plus tôt dans la journée, la grand-mère du bébé interné et par ailleurs sa garde malade, a acheté de l’alcool qu’elle a transvasé dans le flacon du métronidazole (Flagyl). « Ne sachant pas que c’était de l’alcool et la garde malade n’étant pas présente pour lui donner des orientations, elle a injecté de l’alcool au bébé. Quelques minutes plus tard, l’enfant a commencé à convulser et c’est à ce moment précis que la grand-mère est entrée dans la salle. Voyant la scène, elle a affirmé que c’est l’alcool qui a été introduit dans le flacon métronidazole », détaille un infirmier. Malheureusement, la fillette rendra l’âme quelques minutes plus tard. « C’est elle-même qui a signalé l’incident et le directeur de l’hôpital l’a immédiatement conduite à la gendarmerie », ajoute notre source. D’abord gardée à vue à la Compagnie de gendarmerie de Garoua, l’aide-soignante incriminée, a été entendue à la Direction régionale de la police judiciaire du Nord.

Sanctions à têtes chercheuses ?

Après avoir reçu les premiers éléments sur les circonstances du drame, le ministre de la Santé publique (Minsanté) a instruit des mesures conservatoires. Notamment, la suspension de cinq personnels soignants de l’hôpital régional de Garoua, pour une période de cinq mois. Il s’agit du major du service de pédiatrie et trois infirmiers en service lors de la survenue du drame. Dans le communiqué de presse signé le 12 mai Manaouda Malachie indique qu’ils ont été punis pour manquements graves à l’éthique et à la déontologie professionnelles. Un autre personnel soignant a également été suspendu pour trafic et vente illicite de médicaments. Le ministre souligne qu’une enquête approfondie permettra « d’élargir le spectre des mesures disciplinaires prévues par le règlement en vigueur, sans préjudice d’autres poursuites par les instances appropriées »Mais à Garoua, ces sanctions de Manaouda Malachie sont jugées « injustes » par le personnel sanitaire. Selon un responsable de cette Fosa publique, les personnes qui ont été suspendues ne sont pas coupables, car l’incident s’est déroulé quand toutes avaient déjà achevées leur service.

Scandales en série

Pis, ces personnels soignants apparaissent comme des victimes collatérales d’une situation déplorable qui couve au sein de cet hôpital depuis le mois de février 2019. Laquelle a déjà conduit à près de huit décès à la suite des erreurs médicales, dont deux en deux jours, d’après nos sources. Entre autres, les trois bébés prématurés décédés à la suite d’une erreur médicale dans la nuit du 23 février, cet autre décès et un autre d’une personne du 3è age. Pour ce cas précis, il avait été admis alors qu’il souffrait d’un malaise lié aux douleurs dentaires. Lequel a fait gonfler sa gorge. Le médecin dentiste a décidé d’inciser le patient. Malheureusement, à la suite de cette incision, il en est décédé.