Sécheresse et démangeaisons vaginales, pertes blanches abondantes et ou pâteuses, aucun plaisir à la pénétration, recettes pour maintenir l’ouverture du vagin la plus restreinte possible…Pourquoi est-il donc important de mieux connaitre le sexe féminin, son intimité ses réactions face au désir, au plaisir, à l’excitation et son hygiène. A travers des extraits que nous avons minutieusement sélectionné pour vous, le Dr Cathérine Solano, sexologue, a répondu à ces questions au cours d’une émission diffusée sur Radio France Internationale (RFI). Lire ses éclairages.

 

Aucun plaisir à la pénétration…

Ce qu’il faut savoir c’est que chez la plupart des femmes, le centre du plaisir c’est le clitoris. C’est-à-dire que beaucoup de femmes ont des orgasmes en faisant des caresses au niveau du clitoris. Quand une femme n’a pas d’orgasme, il faut plutôt se concentrer plutôt sur le clitoris que sur le vagin parce qu’il y a 97% des femmes qui n’ont des orgasmes que par le clitoris et il y’en a que 33% qui en ont au niveau du vagin pendant la pénétration, sans qu’on touche le clitoris. Beaucoup d’autres ont des orgasmes pendant la pénétration s’il y a des caresses sur le clitoris en même temps.

Comment maintenir l’ouverture du vagin la plus restreinte que possible avec un tas de recettes…

Il faut surtout laisser le vagin tranquille. Parce que le vagin est un petit peu acide à l’intérieur. C’est comme ça qu’il se défend contre les microbes mais s’il est trop acide, par exemple si on met du jus de citron, d’abord ça va faire mal, ça va complètement l’irriter. Puis, on risque d’avoir des mycoses parce que plus c’est acide, plus on a des mycoses. Donc, il ne faut rien mettre dans votre vagin parce qu’il s’occupe très bien de lui-même tout seul. Quand on introduit quelque chose dans le vagin, on risque d’apporter des microbes qui sont tout simplement sur la peau, entre l’anus et le vagin et d’avoir des infections. Il ne faut surtout pas faire ça.

Ensuite, le vagin ne s’ouvre pas du tout avec l’âge ni avec la pratique sexuelle. C’est tout simplement aberrant parce qu’en fait, le vagin c’est une cavité virtuelle. Il est fermé tout le temps. C’est vrai que le vagin peut être tonique chez certaines femmes, c’est une réalité mais c’est dû à leur musculation. C’est à dire que les muscles autour du vagin sont serrés un peu comme au niveau de l’anus. C’est vrai que chez une jeune femme sportive, qui a des muscles toniques, le vagin peut être plus fermé mais ce n’est pas à cause de son âge ni à la quantité de rapports sexuels ou de partenaires. Quand une femme veut avoir un vagin plus tonique, elle peut s’entrainer à contracter son vagin ou pendant le rapport sexuel, elle peut essayer de dire à son partenaire est-ce que tu sens quand je contracte.

S’il lui dit oui, ou c’est plutôt agréable pour tous les deux, elle peut s’entrainer à faire ça. Mais par contre, mettre des cochonneries dans son vagin qui ont des microbes, qui vont peut-être l’agresser, surtout pas. C’est à proscrire absolument. On peut à la limite utiliser des huiles végétales comme le beurre de karité. Si on manque de lubrification ou qu’on a une sécheresse vaginale pourquoi pas. Mais l’idéal c’est quand même la lubrification naturelle. Ce n’est pas introduire quelque chose dans son vagin alors qu’on n’en a pas besoin.

Démangeaisons vaginales…

Ça dépend. Il ne faut surtout pas faire de toilette interne. Il y a des femmes qui, avec certaines pilules, ont des mycoses à répétition. Quand on a des démangeaisons avec des pertes pâteuses, un peu comme du lait caillé, ce sont des mycoses. Ce n’est pas très grave. Souvent, il y a des femmes qui sont sujettes aux mycoses et pour celles-là, dès que ça commence à vous démanger, c’est faire une toilette à l’eau tiède avec un peu de bicarbonate. Ça facilite le traitement. Donc, il faut mettre une cuillère à soupe de bicarbonate dans un demi litre d’eau tiède et vous vous lavez toujours à l’extérieur avec ça. Parce que les mycoses viennent quand on a un terrain un peu trop acide. Et du coup, le bicarbonate désacidifie un peu cela et soulage souvent et ça va mieux.

Néanmoins, quand on a une mycose interne et vraiment avancée, ça ne suffit pas. Si dès le début que vous avez des démangeaisons vous faites une toilette au bicarbonate pendant un, deux ou trois jours, ça peut suffire, en respectant la dose. Si ça persiste, il faut consulter. Mais quand on a des démangeaisons au niveau de la vulve ce n’est pas forcément une mycose. Les démangeaisons sont souvent un signe de mycose mais il y a des femmes qui ont des maladies de peau. Donc quand on a une démangeaison, ce n’est forcément pas une mycose. Néanmoins, quand on a des démangeaisons plus pertes blanches comme du lait caillé, c’est souvent une mycose.

Pertes banches abondantes…

Les pertes blanches, toutes les femmes en ont tous les jours de leur vie. Sauf avant la puberté et après la ménopause ; on en a moins aussi. Mais quand on est en plein dans l’activité génitale avec les hormones, toutes les femmes ont les pertes blanches. Même s’il y’en a beaucoup c’est normal. A condition qu’elles ne fassent pas mal, qu’elles ne vous brûlent pas, ne piquent pas et qu’elles ne sentent pas mauvais. Sinon, c’est quelque chose d’anormal. Mais à partir du moment où elles ne sont pas plus gênantes, c’est normal; c’est même très bon signe d’avoir des pertes blanches abondantes certains jours. Les jours où elles sont transparentes, un peu comme de l’eau, c’est des jours de fertilité ou de plus grande fertilité. Donc si vous n’avez pas de brûlures, démangeaisons, picotements, c’est normal.

Sécheresse vaginale…

Le fait d’accoucher peut donner une sécheresse vaginale et ça en donne à toutes les femmes au début. Au moins pendant un mois ou deux après l’accouchement pour la simple raison que les hormones chutent tout à coup au moment de l’accouchement et ça entraîne (surtout les œstrogènes), une sécheresse vaginale chez tout le monde. Il faut un ou trois mois pour récupérer. Ça peut mettre plus de temps à récupérer aussi, dans le sens où ça dépend de comment on se trouve moralement. Par exemple, une femme qui est déprimée après un accouchent (baby buzz ou dépression post partum), elles vont avoir très peu de désir ou pas du tout. Et du coup, la lubrification ne revient pas du tout et elles vont avoir une sécheresse vaginale.

Ça peut aussi être le fait d’être très fatiguée parce que le bébé ne dort pas la nuit, ou on est tellement stressée que ça ne revient pas du tout. Ça peut aussi être la relation avec le papa. S’il s’énerve parce que vous avez une sécheresse vaginale (c’est comme quand une femme s’énerve parce que son compagnon n’a pas d’érection), ça ne va pas l’aider. Une autre raison peut expliquer ça, c’est la contraception. Si avant vos grossesses, vous aviez votre contraception et qu’on vous en a mis une autre, surtout les contraceptions hormonales, peuvent entraîner une sécheresse vaginale.

Ce que je peux vous donner comme conseils c’est d’utiliser les lubrifiants. Ça peut beaucoup vous aider. Vous tartinez le pénis de votre partenaire de lubrifiant et vous en mettez sur les petites lèvres aussi. Pourquoi, parce que quand on a une sécheresse vaginale on peut avoir mal à la pénétration. Le problème c’est que si on a mal, la fois d’après, on peut un peu stresser, on est un peu contracté, on a encore moins de lubrification et c’est un cercle vicieux. Evidemment, quand on met du gel ce c’est artificiel, ce n’est pas aussi agréable que la lubrification naturelle mais ça permet de ne pas avoir mal et d’être plus détendue.

C’est un conseil tout simple. On n’utilise pas n’importe quoi pour la lubrification. Tout dépend si on utilise des préservatifs. Là, c’est très important d’utiliser des lubrifiants compatibles à base d’eau. Sinon, ça abîme le préservatif et ça peut se déchirer. Mais quand on est en couple ou dans une relation stable, on peut utiliser des huiles végétales comme l’huile d’Olive. Ce n’est pas toxique et ça peut aussi être un lubrifiant. Mais je vous déconseille des choses irritantes ou qui referme, qui adresse le vagin comme on dit parce que là vous aurez plus mal.