Lire l’interview de Sylvain Nga Onana, Président de CAP/SANTE.

 

Quelle est la pertinence de cette nouvelle grève annoncée le 5 août prochain ?

Il vous souvient que nous avons fait un glissement de date de janvier à mars. Nous nous sommes retrouvés en avril avec le gouvernement, croyant que les différents engagements seraient tenus. Hélas. Cette fois-ci, nous attendons au moins 10 réponses claires et pertinentes. Vous verrez, croisons les doigts.

Vous avez sur la table cette fois ci, 27 motifs de revendications. Qu’est-ce qui explique ce nombre croissant de vos revendications ? 

Le système de santé est malade au Cameroun. Nous avons décidé de crever l’abcès et ce n’est qu’un début. Qui vivra verra.

Quels sont les revendications pour lesquelles vous avez déjà pu avoir gain de cause depuis janvier 2019 ?

Au niveau des sages-femmes et maïeuticiens, quelques contrats ont été signes mais personne n’a encore reçu de FCFA. Au niveau des primes des personnels relevant du code du travail, quelques personnels en bénéficient déjà seulement 1/20. Il se trouve que ce serait désormais un bon nid de corruption et d’arnaque de toute sorte. En plus, pourquoi quand il faut soit supprimer un avantage, baisser les salaires, suspendre le salaire, on n’a pas besoin de faire de dossier ?

Vous dénoncez entre autres, l’absence des médicaments et consommables dans les hôpitaux. A qui peut-on imputer la responsabilité de cette situation et quelle peut-être son incidence ? 

Ils ne nous ont servi que du dilatoire en gros. Le manque de médicaments est de la responsabilité des directeurs des Formations sanitaires. L’absence des médicaments pourrait être le fait des personnels hospitaliers qui vident les stocks pour revendre au quartier dans les centres de santé, le non ravitaillement par la Cename et les Fonds régionaux, le laxisme des directeurs, les conflits entre directeurs et pharmaciens, le laxisme des contrôleurs. La vente parallèle ou illicite des médicaments pourrait y trouver sa justification. Trop d’affichage médiatique sans véritable impact.

De nombreux usagers pensent que vous ne faites pas preuve de sérieux et que vos annonces de grève sont davantage du chantage fait aux autorités sanitaires. Que répondez-vous à cela ?

Nous sommes très sérieux et la négociation avec les autorités publiques n’est pas toujours aussi aisé. Il faut parfois faire montre de patience et même de ruse. Car qui sait demain ?