Près de trois mois après, le long séjour de la seule survivante des quintuplés nés le 10 août à l’hôpital régional de cette ville a pris fin le 24 octobre dernier.

Le long séjour de Marie-Reine Tieudem Tchoumo au service néonatalogie de l’hôpital régional de Bafoussam a pris fin le 24 octobre 2019. Née sans doute sous une bonne étoile, elle a eu plus de chances que ses quatre frères et sœurs. En effet, Marie-Reine est la seule survivante des quintuplés mis au monde le 10 août dernier dans cette formation sanitaire publique. Elle vient d’ailleurs d’y passer près de trois mois. Un dernier check-up a été fait, pour s’assurer de sa bonne forme. Puis, c’était une petite cérémonie d’au revoir avant sa sortie de l’hôpital.

C’est donc en bonne santé, avec 2,5 kg que Marie-Reine a quitté ce lieu qui a vu mourir tour à tour, ses quatre frères et sœurs.  Nés à 30 semaines avec des poids variant de 0,980 g à 1,18 kg, elle est restée dans une couveuse où le personnel lui administrait des soins. C’était par exemple des transfusions sanguines pour soigner des anémies causées par des hémorragies digestives.

Pour assurer le suivi et la survie de ce dernier bébé après le décès de ses quatre frères et sœurs, le personnel médical de l’hôpital s’est mobilisé. Bien plus, sur instructions du ministre de la Santé publique (Minsanté), les Professeurs Tetanye Ekoe (pédiatre) et Robinson Mbu Enow (gynéco-obstétricien), ont conduit à Bafoussam des délégations d’experts qui ont accompagné les spécialistes en place. Il fallait sauver ce bébé et redonner un brin de sourire à ses parents.

Ceci semble ainsi être un happy-end au gout aigre-doux pour Annie Chedjou et Félix Tchoumo. Ce couple de fonctionnaires, originaire de la Menoua dans la région de l’Ouest au Cameroun, a été frappé de plein fouet par une tragédie: la mort l’un après l’autre, de quatre des enfants cinq qu’a mis au monde sa femme. En rappel, ce couple victime avait accusé le personnel d’être responsable de ce drame.

D’ailleurs, la Papa avait été formel : « C’est une négligence médicale parce que les infirmières n’ont pas fait leur travail», avait-il déclaré. Pis, « les couveuses étaient défectueuses. Elles ne fonctionnaient pas bien. Ça s’arrêtait tout le temps », fustigeait-il. Pour lui, « On ne peut rien prévoir, mais, s’il y avait eu un meilleur suivi, si on avait évacué très vite ces enfants vers un hôpital plus huppé à Yaoundé comme nous le sollicitions, peut-être que le sort serait différent actuellement».